L’Achat Par Internet – Vos Droits

Vos droits si achat par internet (actualisation)

 L’achat par internet présente souvent des avantages : rapide sans se déplacer, souvent moins cher, beaucoup plus de choix, mais aussi des inconvénients (parfois défaut de sécurité, si on n’est pas content c’est parfois difficile ou impossible d’obtenir gain de cause).

Il y a une vrai différence entre les sites très professionnels dans lesquels la satisfaction client est au coeur de leur politique commerciale et les autres « un peu flibustier de l’internet » dont il faut se méfier.

 

  1. Contrat de vente à distante : le droit applicable aux différents niveaux,

 

Aujourd’hui acheter en ligne devient un acte courant pour beaucoup de personnes. Cette montée en puissance du e-commerce, mais également du m-commerce (achat par mobile), a poussé les législateurs de chaque Etat à mettre en place une réglementation afin de protéger les consommateurs lorsqu’ils effectuent des transactions par internet. De sorte à éviter les litiges résultant des différences de législation, le droit tend à unifier les dispositions relatives au droits du consommateur lorsque ces derniers réalisent des achats à distances (ex : achat par internet, téléachat, achat par téléphone …).

 

  1. Au niveau interne :

 

Concernant la législation Française, la vente à distance ainsi que les règles de protection du consommateur relèvent essentiellement du code de la consommation. Ainsi :

 

En revanche, les questions importantes relative à la conclusion du contrat relèvent quant à elle du code civil qui régit les contrats sous forme électronique tel que :

 

  1. Au niveau Européen :

 

Face au développement du e-commerce, le droit communautaire des consommateurs a dû s’adapter. C’est ainsi que plusieurs directives ont été prise par l’UE afin de faciliter l’établissement d’un marché unique. Parmi ces directives on trouve :

Les dispositions de cette directive européenne seront transposées en droit interne dans le Code de la consommation Français par la loi Hamon de 2014 dite loi « consommation ». Elles renforcent les droits du consommateur ainsi que les obligations du vendeur professionnel.

 

Cette harmonisation au niveau Européen des règles en matière de contrat de vente conclue à distance (ex : contrat de vente par internet) assure une protection uniforme des consommateur Européen.

 

  1. Au niveau international extra européen :

 

En pratique, on remarque que la majorité des sites de commerces sont étrangers. Par exemple, beaucoup de consommateur sont amenés chaque année à passer des contrats de vente sur internet avec des vendeurs internationaux (ex : USA, Japon ou encore la Chine). Pourtant, à ce jour, il n’existe aucun texte international qui règle réellement la question du e-commerce sur des sites étrangers.

 

Le tribunal compétent :

 

  1. Litige en droit interne :

 

Lorsqu’un litige (ex : défaut de livraison, défaut de conformité…) survient suite à un achat réalisé par voie électronique sur un site Français :

 

1ier temps : Dans un premier temps, le consommateur doit contacter le service client du vendeur dont le numéro/ adresse mail/ Lettre recommandé avec AR est normalement indiqué sur le site internet ou sur le bon de commande. A cette occasion le consommateur explique au consommateur le litige et indique ces coordonnées (numéro de client, numéro de commande …).

 

2nd temps : Ce n’est que dans la mesure ou aucun accord n’est trouvé que le consommateur peut saisir un médiateur en lui envoyant un courrier récapitulant les démarches effectuées pour résoudre le litige. Le médiateur doit être saisi dans un délai maximum d’un an suivant la réclamation adressée au professionnel et dispose d’un délai de 3 semaines à compter de la réception de la saisine du consommateur pour étudier la recevabilité de la demande.

Le processus de la médiation ne doit pas excéder 90 jours. Si le médiateur estime le litige particulièrement complexe et nécessitant une instruction plus longue, il doit alors le notifier aux parties. Le médiateur, à défaut d’accord entre les parties, propose une solution pour régler le litige. En leur communiquant sa proposition le médiateur rappelle aux parties qu’elles sont libres d’accepter ou de refuser sa proposition de solution.

 

3ième temps : Si la médiation reste restée infructueuse, alors le client peut recourir à la justice et faire appel à un avocat. Dans ce cas :

 

  1. Litige au niveau Européen :

 

Il n’est pas rare qu’un litige ait lieu avec un site de commerce européen en ligne (ex : refus de remboursement, dépôt de bilan de la boutique en ligne, défaut de livraison…). Dans ce cas, la partie qui entend engager des poursuites devra en premier lieu identifier la loi qui régis le litige ainsi que le tribunal compétent.

 

1°/ Le droit applicable :

 

Principe : L’article 3 de la convention de Rome de 1980 prévoit que les parties au contrat de vente ont le libre choix de la loi applicable en cas de litige.

A défaut de choix contractuel entre les parties, la convention de Rome prévoit que c’est la loi « du pays avec lequel le contrat présente les liens les plus étroits » qui s’applique (article 4 alinéa 1er). De manière générale, on considère que pour les contrats de vente conclues par voie électronique, la loi applicable sera celle du pays du domicile du consommateur.

Limite : Toutefois, ce choix ne doit pas conduire à priver le consommateur d’un niveau de protection plus élevé que celui qui lui aurait été accordé par le droit français. On peut considérer que seul le droit qui est le plus favorable au consommateur doit s’appliquer, mais de réelles difficultés existent.

Le droit au niveau européen lui évolue assez vite : confère le site europa.eu

 

Si votre litige est transfrontalier et que le montant de votre demande ne dépasse pas 5000E (initialement 2000 euros depuis le règlement (UE) 2015/2421),

 

  1. Litige site international :

 

La question s’est également posé de savoir que se passe-t-il en cas de conflit entre un consommateur est un site internet de commerce international (ex : refus de remboursement…) ?

 

1°/ Le droit applicable : En droit international le principe qui s’applique est généralement celui de la liberté de choix des parties concernant la loi applicable. Le droit Français aurait tendance à considérer la priorité du domicile du consommateur pour le déterminer, mais l’application d’une telle décision si elle était rendue risque de se révéler illusoire.

Ainsi, on peut considérer, en l’état des difficultés tant procédurales que d’exécution que l’achat international par internet se révèle risqué.

 

Que faire en cas de litige :

En cas de litige relatif à un contrat de vente passé en ligne sur un site étranger, le consommateur pourra :

 

  1. Dans la pratique :

 

Voici quelques questions que tout consommateur peut être amené à se poser :

 

1°/ Quelles sont les informations que le professionnel doit communiquer au consommateur lors d’un achat sur internet ?

 

Principe : Le contrat de vente sur internet est assimilé à un contrat à distance entre un professionnel et un consommateur au sens de l’article L221-1 du code de la consommation (ordonnance de 2016).  Ainsi, tout comme le contrat à distance, le contrat de vente sur internet doit répondre à un formalisme très précis renforcé par la loi Hamon (2014). De cette loi découle une obligation d’information du vendeur au consommateur. Parmi ces informations on trouve notamment (articles L221-5 et L221-14 du Code de consommation) :

Effets : A défaut de ces mentions obligatoires d’information l’acte ne constituera pas une offre de vente mais seulement une invitation à entrer en pourparlers. En cas de litige, il incombe au vendeur de prouver qu’il a respecté sont obligation d’information précontractuelle auquel cas, il encourt une sanction par la DGCCRF (Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) tel que des amandes administratives. Par exemple, lorsque le vendeur ne répond pas à son obligation d’information précontractuelle liée au droit de rétractation, alors il pourra être sanctionné d’une amende administrative de :

 

2°/ Est ce que je peux changer d’avis et annuler un contrat conclu par voie électronique ?

 

Principe : Les consommateurs le savent rarement, mais ils disposent d’un droit de rétractation leur permettant de renoncer de manière discrétionnaire au contrat de vente conclu en ligne dans un délai de 14 jours par l’envoi au vendeur d’un formulaire de rétractation fourni obligatoirement avec le contrat. Ce droit de rétractation qui est propre au consommateur est consacré par l’article L221-18 du Code de la consommation. Ce délai commence à courir :

 

Exceptions : Toutefois, le législateur (Cf. article L221-28 du code de la consommation) exclut expressément le droit de rétractation pour certains contrats :

 

èIl faut donc bien vérifier avant de conclure un contrat sur internet si le consommateur bénéficie ou non de la protection du droit de rétractation.

Effets : L’exercice du droit de rétractation a pour effet d’annuler le contrat dont il découle des :

 

2°/ Que se passe-t-il si j’ai payé, mais que je ne reçois pas le bien ou que le délai de livraison n’est pas respecté ?

 

Principe : Il incombe au vendeur professionnel une obligation de respecter les délais de livraison du bien ou les délais d’exécution de la prestation de service indiqués dans le contrat de vente (article L111-1 al 3 du code de la Consommation). A défaut d’indication des délais de livraison dans le contrat de vente, le vendeur sera tenu de livrer la chose dans un délai légal de 30 jours.

Exception : Dans certaines hypothèses, le consommateur et le professionnel peuvent convenir ensemble d’un autre délai que celui initialement prévu.

 

Effets :

èDans ces deux cas, il sera possible pour le client de demander immédiatement la résolution du contrat de vente.

 

 

3°/ Que se passe-t-il lorsque le bien que j’ai commandé sur internet est non conforme ?

 

Principe : L’article L221-15 du code de la Consommation dispose que le vendeur est tenu d’assurer « de plein droit » la bonne exécution du contrat de vente passé en ligne. Par conséquent, l’acheteur non-professionnel peut bénéficier de la part du vendeur professionnel de trois garanties différentes lui permettant d’engager la responsabilité de ce dernier :

 

Exception : Toutefois, le vendeur pourra s’exonérer de sa responsabilité s’il prouve que :

Effets : Dans toutes ces hypothèses, le consommateur pourra :

 

4°/ Que se passe-t-il lorsque le bien que j’ai commandé est endommagé ?

 

Principe : L’article L221-15 du code de la Consommation dispose que le vendeur est tenu d’assurer « de plein droit » la bonne exécution du contrat de vente passé en ligne. Par conséquent, le vendeur sera tenu responsable soit :

Par conséquent, le consommateur pourra :

 

Exception : Toutefois, le vendeur peut prendre des précautions en prévoyant une clause de transfert des risques par laquelle, le vendeur peut transférer à l’acheteur le risque de la perte ou de la dégradation du bien vendu dès le moment de sa livraison, voir de sa remise au transporteur chargé de la livraison.

 

Par ailleurs, bien que le vendeur soit responsable de plein droit en cas de dommage du colis, le consommateur doit rester vigilent au moment de la livraison. Ainsi :

 

 

5°/ Comment faire lorsque le bien que j’ai commandé et payé est en rupture de stock ?

 

Principe : Le contrat de vente est composé de deux obligations principales : le paiement du prix ainsi que la délivrance du bien par le vendeur. Cette 2nd condition pose quelques difficultés notamment lorsque le produit est en rupture de stock. Le client se trouve donc dans une situation particulièrement inconfortable puisqu’il a payé un bien qui ne lui parviendra pas. 2 hypothèses :

 

 

6°/ Que faire lorsque j’achète en ligne un produit à une entreprise et que j’apprend quelques jours plus tard que la société en question est en liquidation judiciaire ?

 

Principe : Si le client achète un produit en ligne, mais que le vendeur du produit est en cessation de paiements, dans ce cas, la première chose que le client doit faire est de déclarer sa créance auprès du mandataire judiciaire désigné par le juge lors de l’ouverture de la liquidation judiciaire, dans le délai fixé par le tribunal et par LR avec AR en joignant tout document prouvent l’existence de la créance (ex : copie de bon de commande…).

 

Limite : Cependant le client qui achète en ligne sera considéré comme un créancier chirographaire, il ne sera donc pas privilégié. Dans ce cas votre argent sera fort probablement perdu et vous ne pourrez jamais obtenir le paiement de votre créance.

 

Exception : Toutefois, si le montant de la commande n’a pas encore été débité au jour de la liquidation judiciaire, le client peut faire opposition au paiement auprès de sa banque s’il a payé par chèque ou par carte bancaire.

 

 

7°/ Je suis un professionnel est ce que je bénéficie des même droits qu’un consommateur non professionnel en cas de litige relatif à un achat réalisé sur internet ?

 

Principe : Le consommateur non professionnel est considéré comme ignorant et incompétent lorsqu’il contracte avec un professionnel, par conséquent, le code de la consommation assure sa protection en établissant des droits et en prévoyant des garanties légales. A contrario, le professionnel est une personne qui poursuit un but lucratif. Dans ce cas, on considère que le professionnel lorsqu’il conclu un contrat de vente avec un autre professionnel dans le cadre de son activité professionnel est « censé » connaitre le bien qu’il achète. Par conséquent, les protections prévues par le code de la consommation ne lui sont pas applicable. (Exemple : un mécanicien achète une voiture sur internet. Finalement au bout de quelques jours il s’aperçoit que la voiture ne fonctionne pas du fait d’un défaut mécanique. Etant donné qu’il est professionnel, il connaît le produit ainsi, il aurait dû savoir qu’il s’agissait d’une arnaque. Par conséquent, il ne pourra en aucun cas intenter une action en responsabilité contre le vendeur sur le fondement des vices-cachés).

 

Autre exemple, l’article 221-18 du code de la consommation prévoit que : « LE CONSOMMATEUR dispose d’un délai de 14 jours pour exercer sur son droit de rétractation ». Ainsi, ce droit de rétractation ne s’applique qu’au consommateur c’est-à-dire au consommateur non professionnel. A défaut, le consommateur professionnel (ex : un artisan) qui conclu un contrat de vente dans le cadre de son activité ne pourra pas bénéficier d’un délai de 14 pour se rétracter à compter de la réception du bien.

 

Information juridique générale, chaque cas est particulier et nécessite l’avis éclairé par les documents et nécessaire d’un Avocat.

A jour au 8 juin 2018  www.avocat-bernardi.fr

vu 20 décembre 2019 chaque cas étant particulier et nécessite une étude des pièces du dossier.